Loading…
Loading…

À la fin de la guerre, après la libération de la Lettonie par l'Armée soviétique, Rabin se rendit chez des proches à Riga et s'inscrivit à l'Académie des beaux-arts de Lettonie. Après la Victoire de 1945, il retourna toutefois à Moscou et poursuivit ses liens avec Evgueni Kropivnitski. La même année, il entra en deuxième année à l'Institut Sourikov, mais, nostalgique de l'Académie lettone, y retourna quelque temps avant de s'établir définitivement à Moscou à l'automne 1947.
En 1950, Rabin épousa Valentina Kropivnitskaïa, et en 1951 la famille s'installa à Lianozovo, dans les environs de Moscou. De 1958 à 1965, l'ancienne baraque de camp de prisonniers où vivaient Rabin et Kropivnitskaïa devint un centre de gravité pour l'intelligentsia progressiste : chaque dimanche, expositions et discussions autour des œuvres d'artistes, de poètes et de musiciens s'y tenaient.
En 1957, Rabin participa à l'exposition de jeunes artistes lors du sixième Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Moscou ; le diplôme d'honneur qu'il y reçut lui valut en 1958 un emploi à l'Entreprise d'art appliqué, où travaillaient déjà Nikolaï Vetchtomov, Vladimir Nemoukhine et Lev Kropivnitski. Rabin fut à l'origine et l'organisateur de l'exposition d'artistes non conformistes de 1974 sur un terrain vague du quartier moscovite de Belyaïevo — la fameuse « exposition au bulldozer » — qui se termina par une répression et l'arrestation de ses participants, dont lui-même ; peu après, le conseil municipal de Moscou l'autorisa à organiser une exposition à Izmaïlovo.
En 1978, Rabin partit pour la France avec sa famille, avec l'intention d'y revenir, mais fut déchu de sa citoyenneté soviétique par décret du Præsidium du Soviet suprême de l'URSS pendant ce voyage. Il vit depuis à Paris, obtint la nationalité française en 1985, et vit sa citoyenneté soviétique rétablie en 1990.
Le style artistique de Rabin se forma dès les années 1950, lorsque paysages d'atelier, portraits et natures mortes cédèrent la place au monde réel qui l'entourait. Son œuvre est sobre et d'une richesse émotionnelle inhabituelle ; l'une de ses méthodes caractéristiques est la superposition chronologique d'éléments tels que photographies et coupures de presse, combinée à une perspective déformée et des proportions altérées sur plusieurs strates temporelles à la fois. Recourant à des symboles quotidiens issus aussi bien de la culture soviétique qu'occidentale, il en affirme l'interaction. Pendant son émigration, les expositions personnelles de Rabin reçurent une reconnaissance mondiale, présentées en France, en Grande-Bretagne, en Autriche, en Suisse, aux États-Unis et ailleurs, et son œuvre est prisée par des collectionneurs du monde entier.