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Robert Mangold explore depuis les années 1950 la ligne et la couleur sur des supports de forme, taille et dimension variées. Attaché à l'abstraction comme moyen de communication, il a travaillé dans un vocabulaire géométrique constant pour produire un corpus varié de peintures et d'œuvres sur papier. Sa carrière s'est développée à travers une évolution des techniques d'application de la peinture sur le support choisi — d'abord le contreplaqué et le Masonite, puis, à partir de 1968, la toile tendue.
S'écartant des conventions de la peinture, il introduisit des toiles façonnées, travaillant des formes symétriques et asymétriques ainsi que des bords curvilignes. Pour ses premières constructions façonnées et à panneaux multiples, Mangold appliqua au pistolet des pigments à l'huile en dégradés de couleur, puis utilisa un rouleau, avant d'adopter finalement le pinceau pour appliquer un acrylique aux teintes subtiles, proches de la transparence. Il demeura aussi intrigué par la couleur que par la structure, et son rapport à celle-ci évolua au fil des décennies : sa palette initiale, puisée dans des objets industriels tels que classeurs, murs de brique et camions, se tourna vers des couleurs évoquant des états d'âme — ocres chauds, bleus clairs, oranges profonds, verts olive et autres teintes. Les compositions largement monochromes de Mangold révèlent une attention portée au geste, avec des lignes au crayon tracées à la main qui courbent à travers les plans de couleur.